"On ne se rend pas compte à quel point le travail d’archivage est important" entretien — Eva-Luna Perez Cruz

"On ne se rend pas compte à quel point le travail d’archivage est important" entretien — Eva-Luna Perez Cruz

Samedi, Mars 21, 2026

Collectif Occasionnel. Peux-tu te présenter ?

Eva-Luna. Je m’appelle Eva-Luna. Aà la base, je suis photographe et

sexologue. J’ai fait des études de photographie au CEPV 47, à Vevey.

Et puis, je me suis lancée dans un projet photo avec des travailleuses

du sexe dans les rues à Madrid. J’ai ensuite eu la chance d’auto-éditer

mon premier livre qui s’appelle Le Salon J’adore, en 2012. Ensuite,

j’ai beaucoup collaboré avec l’association Hetaira, qui est un peu

l’ équivalent d’Aspasie à Madrid. J’ai donne des cours de français laà-

bas pendant quelque temps. C’est cette association qui a contacté

Aspasie, vu que j’habitais à Genève, en leur disant que je pouvais

continuer à offrir de mon temps à des associations qui soutiennent les

TdS, parce que pour moi, c’était essentiel. J’ai donc contacté Aspasie,

ou à j’ai d’abord rencontré Marianne Schweizer, qui m’a mise très vite

en lien avec Angelina, qui était alors en pleine création du premier

syndicat, le STTS, Syndicat des Travailleuses et Travailleurs du Sexe, aà

Genève.

J’ai vraiment eu un coup de cœur avec Angelina, qui faisait selon moi

un travail de rue incroyable. Dans ce syndicat, il ne pouvait y avoir que

des TdS. Puis une nouvelle clause a été ajouté au syndicat pour que je

puisse y faire le secrétariat. Ce syndicat a été créé en 2012 et n’a duré

que deux ans, car personne n’a voulu reprendre la présidence. C’était

un poste très médiatisé qui demandait à être « public ». En 2018,

Pénélope Giacardy est arrivée au poste de coordinatrice d’Aspasie et

m’a proposé un petit pourcentage pour donner des cours de français.

Cet emploi m’a amené à être maintenant responsable des actions de

terrain à Aspasie.

CO. Est-ce que tu pourrais préciser en quoi consiste ton travail aà Aspasie ?

EL. Pour expliquer l’organisation : il y a le pôle soutien et accompa‐

gnement, ou à on fait du suivi juridique et meédical. Il y a un poêle

valorisation et expertise, qui concerne principalement le CGR, le

Centre Grisélidis Réal, avec lequel on met en avant des travaux

d’artistes, d’étudiant·es, de travailleur·euses du sexe, des archives, de la

documentation sur le TdS. Le poêle dont je m’occupe, c’est tout ce qui

est travail de terrain. C’est tout ce qui est « aller vers », dans les lieux

ou à les personnes exercent le travail du sexe, que ce soit en salon, en

vitrine, sauna, appartement privé, escorting, dans la rue et sur Internet

aussi. Ce poêle regroupe aussi les formations, les séances d’information

48 et les ateliers communautaires.

https://www.editionsburnaout.fr/publication/livre/VT_a4.pdf

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